Moi à côté de moi

nouvelles et autre..

19 avril 2009

Un soir de décembre

Ce n'est pas que j'aie l'habitude de me promener aux petites heures du matin, ce matin-là, je faisais de l'insomnie. J'avais donc décidé d'aller marcher sur la rue principale, qui, par un mardi soir (2 heures du matin c'est le jour ou le soir?) de décembre me semblait désertique, si ce n'était des quelques spectres roulants qui patinaient sur les rues enneigées.


Je marchais d'un pas lent, perdu dans dix milles pensées futiles, essayant de les rendre toutes plus importantes les unes des autres quand j'aperçus quelque chose de peu habituel pour mes yeux à la hauteur du parc Miner. Dans un banc de neige, près de l'abreuvoir  se trouvait une femme  affalé en position de foetus . Elle n'avait pas de manteau et du fait même tremblotait, ce qui me rassura immédiatement. C'était toujours mieux que d'avoir trouvé un corps inerte. Je me penchais près d'elle pour lui parler, mais avant même d'avoir eu le temps de dire quelque chose, elle murmura « Aidez-moi ». Le son de sa voix me donnait des frissons dans le dos. C'était comme si elle provenait de très loin, même si cette femme était tout près de moi.


Cette personne, elle était âgée, tellement que je me demandais si elle n'étais pas centenaire. Son corps était si frêle, que j'avais l'impression que si je tentais de soulever une de ses mains, celle-ci s'évaderait en cendres dans le vent glacial. Pourtant, il était hors de question que je la laisse geler ici, alors je me décidai à la prendre dans mes bars et à la transporter à l'intérieur de ma voiture située dans le stationnement public de la rue Phoenix.  Finalement la vieillarde était plus lourde et robuste que je me l'étais imaginée.

- Où habitez-vous?

- Je n'ai plus nul part, depuis que mon mari est mort hier soir.

Étrangement, j'avais eu l'impression que sa voix se rapprochait à chaque mots qu'elle prononçait.


-Je vous amène chez moi pour la nuit alors.

Elle fit un hochement de tête en signe d'approbation. Je me sentis légèrement mal à aise, parce j'avais eu l'impression qu'elle était centenaire dehors et maintenant, elle paraissait avoir 70 ans dans le pire des cas.


Après une quinzaine de minutes, nous étions chez moi. Je lui proposai un chocolat chaud, qu'elle accepta avec empressement.  Elle se mit à me raconter sa vie, me confessait qu'elle avait eu plusieurs maris. J'avais l'impression qu'elle devait avoir eu un coup sur la tête parce qu'elle me racontait des histoires de différentes époques, dépassant de loin son âge pour aboutir dans les années 1100. Pourtant, pendant qu'elle me parlait, à chaque époque, à chaque amour, il se produisait un changement dans son physique. Les cheveux gris devenait noirs, les plis et les rides du visages disparaissaient.  Ses yeux noirs  hypnotiques scintillaient à la lueur des premiers rayons du soleil. Je fus stupéfait cette scène, mais aussi charmé par ce qui semblait être la magie que l'on retrouve seulement dans les contes pour enfants Elle ne devait pas avoir plus de 23 ans. Une femme magnifique.


Après qu'elle m'ait raconté tous les amours qu'elle avait connus, les âges et les époques qu'elle avait traversées, il y eu un long silence.


Que je finis par briser d'une seule question:

- Puis-je être ta prochaine époque?


 

Posté par Pelkev à 09:41 - nouvelles littéraires de kevin pelletier - Commentaires [0] - Permalien [#]

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