06 mars 2009
Face à claques
C'est comme cela à tous les matins de semaine. Je me lève, je fais ma routine, un brin de toilette et je pars à pied pour aller travailler. Travailler dans un cubicule minuscule comme le font 50 autres gars en même temps. Un job de merde, 8 longues heures sans fenêtre si l'on compte pas celle qui donne sur le Web où je suis harassé par les 10 000 pourriels que m'envoient cette bande d'attardés pré puberts qui me servent de collègues de travail.
Donc, oui, à chaque matin, je suis de mauvaise humeur et d'humeur encore plus massacrante si je n'ai pas eu de café. Mais cette humeur n'est pas dûe à ce job pourri mais plutôt à cause de lui. Exactement, lui! Ce type que je croise chaque matin, presque tout le temps à la même lumière de l'autre côté de la rue.
Ce n'est pas qu'il paraisse mieux que moi, en fait, il est très petit, très gros (je me demande s'il a déjà vu son pénis dans cette décennie) et c'est le gars qui a sûrement le moins de goût en matière d'habillement que j'ai pu voir en 39 ans de vécu. Le problème c'est que de l'autre côté de la rue, il me dévisage constamment et il sourit tout le temps. Il sourit tout le temps! Ce qu'il peut me faire chier. Je ne sais pas quel type d'emploi il a, mais depuis au moins 2 ans, à chaque rencontres, il me met son putain de sourire figé dans le béton que je ne peux pas blairer en plein gueule.
Justement, ce matin, j'ai pas eu mon café et je suis d'une humeur castratrice. J'arrive au feu de circulation et il est encore de l'autre coté entrain de me dévisager. Là s'en est trop! Le feu de circulation qui est au rouge semble rester sur cette couleur pendant une éternité. « Tu ne vas pas t'en sortir aussi facilement aujourd'hui mon gros » me dis-je intérieurement.
Lorsque le feu tombe au vert, je marche d'un pas décidé vers lui. Quand j'arrive enfin à sa hauteur, je l'empoigne solidement par la nuque. En regardant ses grands yeux écarquillés de surprise, je jubile d'extase! J'approche mon visage contre le sien et le lui roule une pelle tellement intense qu'elle pourrait donner des cauchemars pendant le reste des ses jours aux homophobes les plus aguerris . Et je continue ma route. J'étais certain que demain il aurait changé de trajet.
Pourtant, lorsque j'arrive le lendemain, à la même lumière, cette petite boule de graisse infâme m'attend encore de l'autre côté avec son sourire débile. Et merde.. une nouvelle flame dans les yeux et un bouquet de fleur à la main..

