13 octobre 2007
Le roi des cendres
Dans un paysage obscur, un homme est assis, sur le sommet d’une colline, seul, en plein cœur d’un désert de cendre. Une fine pluie de braise illumine le décor, le rendant à la fois envoûtant et lugubre. Cet homme attend, médite passant de temps à autre de son conscient à son subconscient.
Il se souvient du jour où un étranger frappa à sa porte pour lui offrir un cadeau très spécial. En fait, ce seul souvenir qui lui reste commence à devenir loin, à s’effacer..
- Bonsoir Monsieur Baumier. Je me présente; Jack, le marchand d’opportunités. Je suis ici pour vous offrir votre rêve le plus fou.
À ce moment, David Baumier se demanda pourquoi c’était toujours sur lui que tomba ce genre d’hurluberlu. L’homme était vêtu d’une cape et d’un haut-de-forme.
- Cela ne m’intéresse pas dit-il.
- Oh! Mais si, ça vous intéresse, vous avez déjà formulé votre souhait! Alors le voici.
- Le voici quoi? dit david.
- Votre souhait.
- Mais il n’y a rien…
- Rien de palpable dit le marchand. Vous verrez par vous-même.
Puis l’homme étrange partit. David retourna dans son quotidien où un rapport de recherche l’attendait. Ça faisait déjà deux heures qu’il était devant son écran, lorsqu’il souhaita, épuisé, que son rapport soit terminé. Soudainement, tous les mots apparurent sur l’écran sans qu’il eu tapé quoi que ce soit. David regarda le tout sans comprendre ce qui s’était produit. Il finit par se dire qu’il était trop épuisé, qu’il avait sûrement trop travaillé et alla se coucher.
Mais pendant son sommeil, David rêva à Lili, une collègue de travail. David fantasmait sur cette femme depuis longtemps mais il n’avait même jamais essayé de lui offrir de sortir un soir. Pourtant, lorsqu’il se réveilla, Lili était étendue à ses côtés, complètement nue. Il bondit hors de son lit et lui demanda ce qu’elle faisait ici. Elle ne semblait pas comprendre comme si c’était normal qu’elle soit dans son lit. David la flanqua à la porte de sa maison, encore enveloppée de ses draps.
L’horloge pointait 9 :50, David était en retard pour son travail. D’ailleurs, Lili l’était aussi. Il sortit à la hâte, quand il vu une vieille Mustang 68 convertible passer devant sa maison. Cette voiture, c’était celle dont il rêvait depuis toujours. Il la contempla un moment puis se tourna vers l’endroit où devait être stationnée sa vieille Camry pleine de rouille.
Quelle fut sa surprise de constater qu’à l’emplacement où devait être la Camry, reposait la même Mustang
- Bordel! fut tout ce qu’il trouva à dire.
David se dit qu’il devait être dans un rêve. Il se pinça. C’était douloureux. Il ne prit aucune chance et décida de se rendre au travail. Comme Lili était aussi en retard, il décida de l’embarquer avec lui, tout en prenant soin de lui laisser mettre ses vêtements.
Il en profita sur la route pour tester les limites de la voiture. Le
- David, tu es encore en retard! Sais-tu combien coûte à la compagnie tes excès? Dans mon bureau tout de suite!
Ils entrèrent dans le bureau du parton. Avant même que celui-ci n’eut le temps de parler, David l’imagina avec des files cousus sur la bouche. Lorsque
David sortit en trombe du bureau, puis de l’édifice. Il était effrayé par les événements. Ce pouvait-il que le vendeur d’hier ait vraiment quelque chose à voir avec tout ce qui était arrivé ce matin? Il devait vérifier, s’assurer que tout cela n’était qu’une farce. Une ambulance s’arrêta en face de l’immeuble. Quelques minutes plus tard, son parton sortit de l’édifice sur une civière.
David ferma les yeux et imagina un ciel complètement vert, mais vide de nuages. Le ciel devint instantanément vert. David se mit à rire et imagina l’immeuble où il travail à l’envers, toit au sol et fondations au ciel. En une fraction de seconde, ce fut chose réelle.
« Je peux faire tout ce dont j’ai envie. » dit-il à haute voix.
Et c’était bien ce qu’il fit, jusqu’au jour où il découvrit que ce pouvoir avait une limite.
Au début, David fit de grandes choses. Il transforma la terre en un seul état, les pays et les frontières furent abolies. La terre était maintenant unifiée. Puis, il fit apparaître de la nourriture, partout où il en manquait. Un jour où les nouvelles étaient mauvaises, il fit disparaître toutes les armes à feu de la surface de la planète.
Pourtant, un jour, en arrivant devant un désert, David imagina que celui-ci était recouvert de trèfles. Il ferma les yeux puis les ouvrit mais rien ne se passa. Rien n’avait poussé, pas même une brindille. Pour se rassure, il imagina une pomme dans sa main et elle apparut. Étrange.
David en resta là et rentra chez lui où Lili l’attendait. Il avait finit par se marier avec elle, même s’il avait la mauvaise impression qu’elle ne l’aimait pas vraiment, qu’elle était sous le charme de ce pouvoir qu’il avait obtenu. Il n’avait jamais parlé à personne de ce pouvoir. Il habitait maintenant avec Lili dans une villa en France, entourée de vignes. Il avait fait croire aux gens qu’il avait gagné à la loterie. David
Mais cela changea un jour où il trouva l’un de ses domestiques mort dans le salon. Le pauvre avait dû faire une crise cardiaque. David ferma les yeux et imagina que celui-ci revint à la vie, mais rien ne se produisit. Il essaya encore et encore mais en fut incapable. Puis il fit réapparaître une pomme dans sa main. David se rendit compte qu’il était capable de changer et faire apparaître des choses, d’influencer le comportement des gens, de les faire apparaître dans différents endroits mais qu’il était incapable d’influencer sur la vie. Il
À ce moment, sa vie prit une autre tournure. Tout ce qu’il faisait apparaître lui était un mensonge. Il ne pouvait guérir les gens, ni les empêcher de vieillir. Il devrait supporter de voir mourir les gens qu’il aime et de vieillir aussi.
L’environnement de David se mit à prendre la couleur de ses humeurs. Pour commencer, le ciel devint gris en permanence. Puis jusqu’au bout de son champ de vision, les gens se mirent à disparaître. Ce n’était pas que David imaginait qu’ils soient morts, simplement qu’ils étaient ailleurs.
Par une journée où David se sentit remplit d’haine, il fit brûler toute le paysage. Dans le ciel, ont voyait en permanence une fine pluie de braises. Ce territoire était devenu le pays de David. Il était devenu le roi des cendres. Un endroit sans vie où il ne verrait plus le soleil briller, où il n’aurait plus aucune émotion.
Une journée passa, puis une autre, sans que David ne mange. Certaines personnes avaient essayé d’entrer au pays des cendres, mais à peine avaient-elles mis un pied dans le champ de vision de David qu’elles s’enfonçaient sous une mer de cendre ou disparaissaient tout simplement.
Puis au loin, David vit apparaître un homme qui ne disparaissait pas. Il reconnut le haut-de-forme de Jack, le marchand d’opportunités. Il venait vers lui comme un spectre avançant tranquillement sous la fine pluie étincelante.
- Bonjour David. Je vois que tu as utilisé ton pouvoir. Et d’une bien triste façon si je pense à tes successeurs..
- Mes successeurs? interrogea David.
- Oui, je suis marchand d’opportunités, mais c’est la première fois que je vois quelqu’un faire aussi mauvais usage de ses pouvoirs.
- Pourquoi m’avoir offert ce don?
- Je ne sais pas, pourquoi tu vies David?..C’est pareil, je ne fais qu’arrêter chez les gens et j’offre. Toi, tu étais sur mon chemin. Mais David, dis-moi, pourquoi avoir transformé ton monde ainsi? Je ne vois ni désir, ni amour ici.
- Contrôler l’esprit des gens pour qu’ils vous aiment, ce n’est pas vraiment de l’amour! dit David rageusement.
- …
- Et comment avoir des désirs, si l’on peut tout avoir? Vous m’avez offert un pouvoir qui ne sert qu’à combler les besoin d’une personne, un pouvoir égoïste!
- Dommage, tu aurais pu construire quelque chose de si grandiose. Tu aurais pu créer un monde meilleur ou le dominer! dit le marchand avec enthousiasme.
- Non!, je ne suis un homme ni bon, ni mauvais. Je n’ai plus qu’un seul désir, me vider l’esprit ici, en paix!
- Bien, fit Jack, ainsi soit-il.
L’esprit de David se vida de souvenir, de désirs et de pensées. Ici, au sommet d’une colline, où l’on pouvait voir pleuvoir de la braise et de la cendre en permanence, David resta le roi des cendres.
Commentaires
L'image initiale est génial ! L'homme au milieu de son désert de cendres... !
L'idée est intéressante également. Reste que ce qui fait la force de tes textes, c'est l'aspect visuel.
question
ou l'auteur a-t-il toruver le nom de son personnage? est ce bien pelkev qui a écrit cette histoire?
serait il possible de m'envoyer un mail pour me répondre?
mc

