Moi à côté de moi

nouvelles et autre..

06 décembre 2010

Contrôle interne

Voici le défi de la séance et mon texte

Titre: Contrôle interne

Style: Fantastique

mots imposés : iodler, cycles


Contrôle interne

Peu de gens réussissent à entrer dans cet endroit parce que les paramètres de sécurité y sont extrêmement élevés. Rose avance dans la pièce. Celle-ci est vide, si ce n'est que d'un panneau avec un interrupteur sur un podium au centre. Il y a un papier scotché sur le contrôle indiquant en gras « Ne pas toucher ».

Comme la plupart des aventuriers qui pénètrent ce sanctuaire, elle ne peut s'empêcher de courir vers le commutateur et commence à le tourner d'un cran plus haut dans le sens des aiguilles d'une montre.

 

Aussitôt je me retrouve entrain de courir dans des tranchées. Des éclats d'obus éclatent de tous les côtés. Je sens les balles qui fusent autour de moi. Dans toute cette agitation et le son des explosions, l'on entend en sourdine des hurlement d'hommes. J'essaie de me concentrer à viser les artilleurs cachés dans leur fortifications mais à chaque fois que j'en élimine un, d'autres apparaissent et cela semble interminable. La tête de l'un des gars à mes côtés éclate et je reçois des morceaux de cervelle à la figure. J'en ai même dans la bouche. Je me couche sur le sol et me me mets à ramper vers un cadavre d'un soldat équipé d'un lance-flammes. Pas facile d'enlever le réservoir sur le corps d'un mort. Les artilleurs absorbés à tuer le plus possible de mes camardes ne se rendent compte que je me suis faufilé par leur flancs lorsque j'entre le bec du dragon dans une meurtrière. Mon doigt enfonce la gâchette, déversant ainsi un flot de chaleur et de mort dans l'abri. Ma rage est si grande que je prends plaisir à entendre les cris des soldats japonais enflammés.

 

Rose décide de tourner le commutateur d'un cran plus haut.

 

Un soldat sort de l'abri et tire sur le réservoir du lance-flammes. Je suis projeté dans les airs et j'ai l'étrange impression de traverser un mur de vitre qui se brise dans une pièce quand j'atterris sur le sol. Je constate que l'environnement autour de moi a changé. Je n'ai que quelques secondes pour me rendre compte que je me trouve dans la maison de mon enfance lorsqu'une main m'agrippe violemment par le cou et me plaque contre un mur. Une voix familière de mon enfance m'abreuve d'invectives. « Ça va faire! Tu vas voir que si personne peut le faire, je vais te dompter moé! » J'essaie de me libérer de sa prise, mes mains sont devenues si petites. Ma voix enfantine et tremblotante expire quelques mots : « Lâche moi ». Je reçois quelques coups de poings dans le ventre en guise de réponse avant d'être lancé sur un autre mur de la cuisine.

 

Ce n'est pas assez, Rose tourne le bouton de plus belle.

 

Mon père me prends, une main sur le col de chemise et l'autre empoignant la ceinture. Je suis éjecté vers le salon sans jamais y mettre les pieds. L'entrée de la salle se fracasse et je me mets à tomber en chute libre dans une tempête de neige. Je ne vois aucun endroit où m'agripper ni point de repère pour atterrir, malgré le fait que je ne porte aucun parachute. Comble de malheur, en guise de bruit de fond, un type n'arrête dans de iodler comme un dément. Juste au moment où je me résigne à croire que je chute sans fin dans ce froid infernal, la tempête se dissipe et le sol arrive dangereusement vite. Je n'ai que le temps de mettre mes bras au dessus de mon visage quand je percute le sol qui se brise sous mon poids pour me faire enfourcher une moto qui roule si rapidement que j'ai l'impression de franchir le mur du son. À des kilomètres devant moi, je peux apercevoir un gigantesque mur de brique. Je songe alors à ralentir mais à l'endroit où il devrait avoir une poignée d'accélération sur la moto, une branche de bois y fait office... j'ai la main sur une putain de branche de bois!

 

Rose arrive à la fin du cycle de l'interrupteur. Cette-fois ci, je n'ai pas le temps de franchir le mur que je me retrouve assis sur une chaise attaché. Rose se tient devant moi, debout avec un pistolet appuyé contre mon cœur. Elle me toise, sourire démentiel sculpté sur son visage. Les mots « Ne fait pas cela » tremblent sur mes lèvres au moment où elle appuie sur la gâchette.

- Elliott, tu m'écoutes?

Je reviens à la réalité. Mes yeux croisent les siens et Rose sait qu'elle a réussit à tuer quelque chose en moi. Parfois, les gens, ils jouent avec mon contrôle interne sans même en avoir conscience. Juste par des mots. Et c'est ce qui arrive quand la femme que vous attendez depuis des années vous apprend qu'elle est enceinte et que l'enfant n'est pas de vous.

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10 novembre 2010

Corrompu

 

Voici ce que moi et mon groupe littéraire avons travaillé cette semaine:
Le sujet :corrompu 
Le style: horreur
 Les mots imposés: barbeau et pavement.
Et voici la nouvelle:
Corrompu

J'avais reçu sa lettre il y a maintenant plus de 2 mois et j'étais pressé de me rendre sur les lieux afin de voir comment j'allais pouvoir aider les gens du coin.

« Alexandre, c'est horrible, tout ce que les gens vivent ici! On a besoin de toi, tu peux sûrement nous aider »

 

Ma sœur m'avait demandé de venir le plus rapidement possible chez elle afin d'étudier un phénomène qui avait déjà décimé plus de la moitié de son village. Le cocher s'était arrêté à 2 bornes du village et m'avait dit de faire le reste de la route à pied sous prétexte que les gens de ce village étaient maudits et que l'entrée dans ce village apporterait irrémédiablement la poisse aux personnes qui osaient y mettre le pied.

 

Je fus contraint de faire le reste à pied. Sur la route je rencontrais des gens qui allaient tous dans la direction opposée, l'air épuisés, parfois malades. L'un d'entre eux m'a même fait une mise en garde me disant que je n'aurais aucun mérite ni quelque rédemption qui soit aller à mettre un pied là-bas. « Tu crois être emplit de bonté, mais là-bas, ta bonté elle va te sortir par l'arrière-train » maugréa le vieil homme.

 

C'est à l'orée du village seulement que je compris ce dont il voulait parler. Le spectacle était à glacer le sang et une odeur de cadavres brulés me montait au nez. Empilés de part et d'autres, des corps humains brûlaient en plusieurs bûchers. Je vis quelques hommes tirant des charrettes remplies de cadavres. D'autres continuaient d'alimenter les bûchers. La maison de ma sœur se trouvait à 10 minutes de marche du marché publique. L'on s'y rendait en empruntant un pont qui traversait un ruisseau infesté de barbeaux. Je m'accoudai près de la rambarde pour observer ces petites bêtes qui ne semblaient pas souffrir de la même agitation dont les gens de ce village étaient possédés. Je finis par arriver près de la maison de ma sœur que je reconnu par son pavement dont seuls quelques gens fortunés pouvaient s'offrir puisque sa conception demandait beaucoup d'esclaves. La couleur des briques rouges dont il était couvert étaient non sans rappeler celle du sang et je me demandais même s'il n'avait pas été fait avec celui des esclaves.

 

Aucune lumière. De l'extérieur, la demeure semblait avoir été laissée à l'abandon depuis quelques temps. Plusieurs plantes étaient fanés et d'autres n'avaient pas été taillées depuis bien longtemps. Je m'avançai sous le porche et entrepris de frapper à la porte d'entrée quand celle-ci s'ouvrir comme si l'on m'y avait attendu. Pourtant il n'y avait personne pour m'accueillir, seulement la noirceur. Je pris une pause avant d'entrer pour observer le spectacle derrière moi. Au loin, dans la nuit, l'on pouvait distinguer une douzaine de feux et entendre les échos de cris, de pleurs et même de rires démentiels. Mon dieu, qu'était-il donc arrivé aux habitants.

 

Je me risquai à pénétrer dans la demeure, en prenant soin d'allumer le chandelier que j'avais repéré sur une étagère dans le vestibule.

- Y'a quelqu'un?

J'entendis un bruit sourd provenant d'une pièce à l'étage supérieur. Je sorti une lame que j'avais toujours l'habitude de traîner comme tout bon docteur qui se respecte et montai les marches de l'escalier. À hauteur du pallier, j'aperçus une mince lueur provenant de l'une des portes dans le couloir. J'ouvris la porte et j'eus un haut-le-cœur. Une odeur corrompue envahissait la pièce. Je genre d'odeur tellement répugnante que l'on a l'impression qu'elle pénètre l'intérieur de la peau et transperce les os. Je portai un mouchoir à mon visage rapidement en espérant éviter de vomir. J'étirai mon bras en hauteur pour éclairer la pièce. Ma sœur et son mari croupissant dans leur lit, peau sur les os, baignés d'excréments. Puis une ombre mouvante dans le fond de la pièce, chancelante, s'avançant lentement vers moi. Je reconnu le visage de ma nièce sur un corps décharné, déshydraté, une robe de nuit souillée. Je l'entendis murmurer «  Mon oncle » puis elle s'effondra morte à mes pieds. Le vieil homme de la route avait eu raison, ici, il n'y avait aucune rédemption.

C'est en 1817, en Aise et en Afrique, que l'on a recensé la première pandémie de choléra.  

 

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26 janvier 2010

Les secondes derrière ma rétine

 

C'est par une journée particulièrement ensoleillée que je revins de mes vacances, passées dans un chalet à Labrecque, un petit village à 45 minutes de Chicoutimi. Le genre de vacances où l'on essaie de se reposer, sans jamais vraiment y arriver, tellement il y a des choses à faire, de route, de projets, de compromis (j'avais passé mon séjour avec deux amis tout de même assez vivables). Puis vint l'instant inévitable où l'on doit partir, dire au revoir à notre hôte, se disant que l'on se reprendra l'an prochain (espérant secrètement que l'on se reposera plus la prochaine fois).


Je m'étais mis en tête de conduire tout le trajet jusqu'à Granby, et ce, même si je savais que mon coloc qui m'accompagnait espérait pouvoir conduire (ce doit être l'une des choses à laquelle il prend le plus plaisir dans sa vie ). Mais c'était hors de question pour moi. J'avais un souvenir de mon père, pendant les vacances de ma jeunesse, qui roulait pendant des heures sans se plaindre pour nous faire connaître des coins de pays que moi et mes frères n'avions jamais explorés. Je m'étais toujours dit que lorsque j'aurai son âge, j'allais pouvoir en faire autant, partir, faire de la route, libre, sans contraintes. En fait, ce devait bien être la seule chose que j'aie jamais envié de la vie de mon père.


La route était sans glace et le soleil semblait être là pour rester. Nous passâmes par Chicoutimi, ville où j'ai un pincement au cœur à chaque arrêts, puisque je l'avais quitté sans jamais vraiment vouloir y dire adieu. Trop de visages, de paysages, de souvenirs agréables sont rattachés à cet endroit où j'ai vécu 4 ans, laissant une trace indélébile dans ma boîte à penser.


Cette route, je la connaissais par cœur, l'ayant fait à maintes reprises par le passé. Comme à mon habitude, le trajet serai constitué de trois haltes, histoire d'utiliser les commodités locales, et reposer un dos meurtri par une hernie discale capricieuse. De ce fait après 105 minutes de route l'incontournable était la pause à l'Étape, halte routière au milieu du parc des Laurentides puisqu'il n'y a rien d'autre entre Chicoutimi et Québec, si ce n'est que des milliers d'arbres et des chalets d'ermites.


L'Étape est un endroit très fréquenté parce qu'il est le seul où l'on peut faire le plein d'essence, casser la croûte ou faire certains besoins dont la nature nous a pourvus sans avoir à partager notre intimité avec les bestioles du parc, avant de se rendre à Québec.


Et c'est à l'étape que le temps fait parfois converger nos vies pour nous accorder de douces rêveries. Des inconnus qui se rencontrent, des regards furtifs, des rêves, des cœurs qui battent à tout rompre l'espace de quelques instants.


Dans mon cas, le passé me rattrapa à ma sortie des W.C. lorsque je m'accoudai près d'une rampe pour attendre mon compagnon. De l'endroit où j'étais, j'avais une vue complète de la salle à manger et je me mis en tête de faire ce à quoi j'étais le meilleur dans les lieux bondés d'êtres humains, regarder sans vraiment regarder, écouter des conversations sans vraiment écouter (la plupart du temps des banalités du genre « T'chècque le gars! » ou « On mange quoi ce soir? »). Aussi très souvent mon regard sonde l'endroit pour essayer de trouver quelque chose d'inhabituel ou joli à regarder (Oui, en effet, j'adore perdre mon regard sur de longs cheveux, des yeux pétillants et des jolis sourires.).


Puis le temps me prit en charge, de plein fouet, lorsque mes yeux se posèrent sur un visage que je connaissais, un visage que je ne croyais jamais revoir en vrai. Elle se tenait là, devant moi, assise à une table avec d'autres visages qui ne me semblaient pas inconnus. Une femme que j'avais entrevue pendant les cours universitaires. Je ne la connaissais pas vraiment personnellement. Le genre de femme qui est inaccessible pour toutes les raisons que le monde s'est chargé de mettre lui-même entre nous; trop jolie, trop brillante, trop ambitieuse, trop mariée ( Peut-on l'être?) et dans tous les cas, trop bien pour une personne de mon calibre.

J'aurai bien pu aller la voir, lui dire bonjour. Par politesse, elle me l'aurait bien rendu. Mais je préférai rester sur place, l'observer. En fait, j'étais paralysé, par l'idée d'aller la voir, ayant peur de me faire retirer un moment de contemplation, de rêverie. Vous savez, parfois, lorsque la réalité nous rattrape, elle est souvent empreinte de « si j'avais » et de « j'aurais dû » et de « si seulement ». Difficile à supporter pour les âmes blessées.


Je ne sais pas combien de temps je suis resté là (une minute tout au plus), j'aurais bien aimé que le temps s'immobilise. Mais elle a levé la tête et ses yeux ont rencontrés les miens, pour une fraction de seconde.


Et tout a fait une chute en même temps; mon cœur qui veut sortir de ma poitrine, une « bine » sur mon épaule, puis une voix qui vient me sortir de ma léthargie.

- Heille! Pelletier, amène toi, il nous reste du chemin à faire!


Je l'ai regardé une dernière fois, puis sur une note de soupir, je suis parti.


J'ai repris la route sous un magnifique soleil d'hiver, mi-amer, mi- heureux d'avoir eu une parcelle d'elle incrustée derrière la rétine de mes yeux.


La route était magnifique...

 

Posté par Pelkev à 22:29 - mémoires d'un kévin Pelletier - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 décembre 2009

Mémoire blanche

La tempête, dehors, en dedans, autant sur la route que dans ma tête. Les essuies-glace qui vont et viennent, bruit de caoutchouc sur la vitre, la blancheur aveuglante de l'horizon. Moi, perdu dans mes pensés autant que dans le blizzard.

 

Un pincement au cœur, une phrase qui se répercute dans ma tête « Elle ne m'aime pas ». En route vers le travail, toujours entrain de me demander comment je fais pour continuer, comme si rien ne s'était produit. La visibilité est nulle sur la route, je ne distingue que les silhouettes des voitures lorsque leurs phares atteignent le début du capot de ma voiture.

 

Mon histoire est comme celle de tous les autres dont l'amour est passé de l'espoir, s'élevant vers certains cieux pour finir en descente hivernale. J'y ai cru de toutes mes forces, cet étrange bonheur. Mais en un clin d'œil, elle a décidé que je n'étais pas ce qu'elle voulait, que je n'étais pas assez bien pour elle, pas ce qu'elle attendait de la vie. Non, en fait, elle ne m'a donné aucune raison si ce n'est qu'elle ne savait pas ce qu'elle voulait. De mauvaises nuits d'insomnie, de tristesses, de oui-dires, de « Peut-être que si ». Et maintenant des journées à faire semblant que tout va bien, à continuer de faire tourner tout mon monde pendant que je suis poignardé de l'intérieur. Comme j'aimerai oublier, comme j'aimerai ne plus me souvenir que je l'aime.

 

J'essaie de garder mon attention sur la route ou plutôt de garder la voiture sur celle-ci, quand mon attention est attirée vers une ombre pas très grande sur le bord de la route. An milieu de cet enfer blanc se tient un jeune enfant, le pouce vers le haut. J'arrête la voiture sur un semblant de bordure.

- Où tu vas jeune homme?

- Waterloo.

- Allez, ne reste pas là! Entre te réchauffer un peu.

Son visage me semble familier. Il ne semble pas avoir plus de 10 ans. Je reprends la route, essayant de camoufler l'inquiétude ressentie à la vue du visage de l'enfant. Étrangement, il me ressemble à son âge. J'essaie de discuter pour détendre l'atmosphère

- Je m'appelle Marc

- Moi aussi.

- Tiens, c'est drôle hein! On a le même nom. Et tu vas te rendre où par un temps pareil?

Il ne répond pas à la question et se contente de regarder dehors.

- Dis, est-ce que tu vas bien?

- Mieux que vous, c'est certain...

Il s'écoule presqu'une minute avant que je me décide de parler à nouveau.

- Comment ça, mieux que moi?

- Vous avez de la peine, vous ne comprenez pas pourquoi les choses se passent ainsi et vous avez l'impression que l'amour est injuste avec vous.

 

Je m'empresse d'arrêter la voiture sur le bas-côté de la route. Pendant un court instant, je fixe les rafales de neige. On peut voir des lames de vents et mêlées aux flocons flotter sur la chassée blanche. Puis je me tourne vers lui.

- Qui es-tu? Que sais-tu à propos de moi?

- Cela n'a pas vraiment d'importance. Ce qui en a pour le moment, c'est vous.

Je me fâche et élève la voix.

- Tu n'y connais rien à ma vie! Fout le camp, sors de ma voiture!

- Je peux vous aider! Si l'on vous donnait la chance de tout oublier, la prendriez-vous?

 

Sa voix semble sincère et suppliante. Je sors de ma voiture et j'ouvre brusquement la portière du côté passager.

- Va-t'en, allez, trouve quelqu'un autre à emmerder!

- La douleur, je peux vous aider à l'oublier.

 

Épuisé par dix-mille émotions, je m'agenouille sur le sol.

- Si tu savais comme je suis fatigué d'essayer..

- Tout ira bien maintenant.

L'enfant pose ses deux mains sur mes tempes.

 

Ce même matin, je ne me suis jamais présenté au travail. Et 2 mois plus tard, le propriétaire de mon logement a reloué celui-ci, puisqu'il ne m'a jamais revu.

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15 novembre 2009

Cube de glace

Quand je me suis éveillé, j'étais couché sur un sol glacé. Terriblement glacé. Tellement qu'il était recouvert de givre. Les murs aussi. En fait, toute la pièce était dans cet état. J'ai d'abord cru à une chambre froide, mais il y avait un mobilier, complètement recouvert de givre lui aussi.
Puis je me suis levé. Nu comme Adam. Étrangement, je n'avais pas froid, aucun frisson. Je me suis mis à regarder autour pour trouver des vêtements. Tout était gelé, impossible d'ouvrir les tiroirs
de la commode. Alors je suis sorti de la pièce après m'être battu avec une porte glacé. Partout, que du givre. La lumière du soleil qui traversait les fenêtres diaphanes donnait un aspect irréel à l'endroit que je reconnus puisqu'il s'agissait de mon appartement. Que c'était-il passé? J'essayai de démarrer le chauffage puis le four, mais sans succès, le courant semblait absent. J'ai dû prendre l'un de mes manteaux et l'enrouler, givré, autour de ma taille. Mon corps ne semblait pas souffrir du froid, ni même d'engelures.
Je me suis risqué dehors pour constater que tout était recouvert d'un couche de givre blanc à perte de vue. Aucun mouvement, aucun signe de vie, seulement un paysage désertique. Je me suis mis à déambuler dans mon quartier à la recherche d'une âme qui vive quand je me suis arrêté pour examiner une camionnette arrêtée au milieu de la rue. À l'intérieur je pouvais voir 4 personnes, sûrement un couple et leurs enfants. Un spectacle effroyable s'offrait à ma vue. Ils étaient complètement glacés, les visages tordus de douleur à cause d'une mort qui avait due être très souffrante.
Je me suis éloigné du véhicule en courant pour me diriger vers l'hôpital où Léa, ma compagne de tous les jours devait être. J'espérais la trouver, encore vivant. Pouvoir la prendre dans mes bras. J'avais l'impression qu'il s'était écoulé une éternité depuis la dernière fois que je l'avais embrassée. J'étais même incapable de me rappeler quand je m'étais endormi et je n'avais aucune idée du temps qui s'était écoulé depuis.
Dix minutes de course m'avaient fait découvrir une ville glacée, un champ de bataille, d'amas de tôles écrasées, de cadavres frigorifiées. J'arrivai à l'hôpital et je dus fracasser une vitre de porte automatique avec la marchette d'un vieillard congelé sur la pelouse près de l'entrée. Je crois même que l'un de ses doigts est resté collé sur celle-ci. J'entrai et me mis en course vers le service des urgences. En arrivant dans la pièce ne puis qu'assister, impuissant, à la scène figée, d'une cinquantaine de personnes mortes dans les douleurs plus atroces. Puis je vis Léa, plâtrée dans le givre. Elle n'avait pas l'air d'avoir vraiment souffert. Elle avait le regard d'une personne résignée, immortalisée debout au milieu de la salle d'attente. La lumière filtrée par la glace lui donnait l'aspect d'un ange figé dans l'éternité. J'aurais aimé la prendre dans mes bras une dernière fois mais j'avais trop peur qu'elle se brise, que son corps éclate à mon contact. Je me suis mis à pleurer. Mes larmes gelèrent avant même d'avoir touché le sol.
Je suis sorti de cet endroit et j'ai marché longtemps, vers le Sud, espérant trouver de la vie. Après quelques jours je marche, j'ai vu au loin un paysage verdoyant. Puis des gens et des véhicules militaires qui semblaient former un barrage routier aux limites des terres givrées. Je me suis dirigé vers eux.
- Hé, y'a un survivant! Toi, viens ici!
Les militaires semblaient affolés. J'étais à moins de 5 mètres d'eux quand j'ai posé un pied sur le gazon. À son contact, le givre s'est mis à avancer, à glisser sur le terrain et à grimper rapidement sur toutes les personnes présentes qui sont mortes en hurlant dans une confusion totale. Pourtant, moi j'étais encore là. Encore vivant. J'étais effrayé. Je ne comprenais pas ce qui ce passait. En regardant autour de moi sur le sol givré, j'ai vu une marguerite qui avait été épargnée. Je me suis penché pour la cueillir. Ce n'est qu'en entrant en contact avec elle, que j'ai compris. À mon toucher, celle-ci s'est congelée. J'ai posé mon regard vers le paysage verdoyant, puis de l'autre côté vers le chaos désertique. Finalement je suis retourné vers le nord sachant très bien que je ne pourrais plus jamais être en présence de vie autour de moi..

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17 septembre 2009

Le dernier

Elles ont acquiescé que c'était la meilleure solution pour le bien commun de tous. Certains connards se sont même rangés de leur côté. Pour ma part j'avais trouvé que c'était bien l'idée la plus stupide que quelqu'un avait pu avoir depuis le clonage de Maurice Duplessis  en 2033 pour lui faire un payer ses crimes commis pendant la « grande noirceur » C'est vrai, pourquoi faire revenir des cons? Plus moyen de reposer en paix, même quand t'es mort.

Mais cette solution, la présidente des Pays-Unis a dit qu'elle apporterait un nouveau souffle d'espoir pour toute l'humanité, le fameux rêve de la paix dans le monde qui referait surface. C'est que des génies  en génétiques venaient d'isoler le fameux gène porteur de toute la violence. Grâce à une petite opération, le plus grand tyran pouvait être transformé en gentil petit homme. Et allez savoir comment, ils ont eu des volontaires pour leurs expériences, qui ont donnés des résultats si concluants, si convaincants que la président des Pays-Unis a décrété une loi mondiale (je soupçonne le complot d'une féministe fanatique). Il y a maintenant près d'un an, elle disait : «  D'ici un mois, tous les hommes de la terre auront eu cette opération. »  Pour tous les problèmes et les résultats inattendus, les génies de la génétique auraient une solution.

Ah, mais il y a quand même eu de la résistance du côté masculin je dois dire, puisque j'en fais partie moi-même.  Disons que les effets secondaires  que j'ai pu observer de mes collègues de travail ayant subit cette foutue opération sont contre nature. Perte de pilosité, petite voix, perte de désirs, augmentation de poids (et c'est pas du muscle) sont quelques uns des nombreux effets secondaires que j'ai pu observé. Une opération dont on ressort changé et qui nous marque pour le reste de la vie. J'avais même entendu dire que certains en avait fait un rituel religieux, puisque qu'un bambin devait impérativement subir  l'opération avant son cinquième anniversaire.

J'en suis devenu vraiment triste. Depuis quelque mois, j'ai remarqué qu'il y a moins d'action dans les rues. Les nouvelles à la télévisions sont seulement des bonnes nouvelles. On commence à jeter toutes les armes à la poubelle et les films d'action sont maintenant interdit. Un vrai monde conçu pour des lopettes vient de naître. Cela me fait vomir.

D'autant plus que je viens de me faire prendre, moi, le dernier des vrais mecs, je me suis fait prendre dans un bar de stripteaseuses clandestin. La présidente des Pays-Unis s'est même déplacée pour faire un discours avant mon opération qui est devenue un événement télévisé. Je suis maintenant menotté  sur une table, nu, devant des dizaines de caméras et des centaines de spectateurs en soif de cirque.

Puis la présidente a débuté son discours: Mesdames, Messieurs, c'est avec beaucoup d'excitation que je vous annonce que nous avons capturé  le dernier homme  contaminé par l'hormone que l'on appelle « testostérone ».  Afin d'excuser le délai de nos interventions, nous vous offrons donc ce soir d'être témoins de la fin de la violence sur la terre par l'intermédiaire de cette opération télévisée. Félicitons-nous  et chérissons ce moment historique! »

J'aurais bien voulu gueuler, lui dire à cette salope que d'autres viendraient, qu'un jour, l'humanité n'aurait d'autre choix que de se tourner vers des vrais hommes pour se défendre. Mais ils ont eu la sagesse de me bâillonner et j'étais trop occupé à regarder les chirurgiens affairés se demandant dans quel sens ils allaient faire l'opération. Et je me suis mis à pleurer, preuve qu'ils avait réussi leur opération, même si un homme, ça ne pleure pas. Et ce n'était plus grave de pleurer, parce que l'on est plus un homme quand l'on a plus ses couilles...

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19 avril 2009

Certains post-ados à Granby..

Je vais encore avoir l'impression de me plaindre des gens de Granby, mais comme j'ai une chronique dédiée à cela, je ne vais pas me priver. Il y a de ces événements qui vous procurent quelques frustrations dont je me passerai volontiers mais il faut croire que les comportements humains le veulent autrement.


C'est qu'hier, en revenant que quelques courses à pied, j'ai été dérangé dans ma bulle quotidienne. Je marchais d'un pas lent, me bourrant la face dans des jujubes Maynard (Je ne vous ai jamais dit que j'avais une dent sucrée?) lorsqu'est survenu l'infâme incident Dans cette rue (Mountain) silencieuse vers 9 heures du soir, une voiture est arrivée à ma hauteur. Puis, j'ai entendu un cri de femme, comme dans les films d'horreur venir briser ma quiétude et me donner des sueurs froides. Évidemment, j'ai sentis mon petit coeur faire un triple bond sur lui-même pendant que je m'étouffais dans mes friandises.  Rapidement, j'ai repris mes sens pour voir mes assaillants dans la voiture (4 jeunes) qui filmaient la scène avec leur téléphone cellulaire en riant. Merde, me dis-je, des jeunes qui vont se foutre de ma gueule en se tapant leur exploit sur l'ordinateur et peut-être même le foutre sur youtube. C'est que j'étais sur le bord de la crise cardiaque moi. C'est ce que l'on appelle «  Rire au dépend des autres ». Et n'allez pas croire que je n'aimais pas ce genre de farce quand j'avais leur âge, j'étais bel et bien pareil.


J'ai vu la voiture tourner dans la rue du terrain de golf, celle qui donne sur un cul-de sac. J'étais tellement fâché que j'avais envie d'arrêter chez moi (qui est sur la route), prendre un bâton de golf et aller les tabasser un peu.. Heureusement, je retiens assez bien mes frénésies et finalement, je ne fais que publier cette scène sur mon blog.


Qui sait, je suis peut-être maintenant une star sur Youtube grâce à une bande de jeunes tarés post-adolescents de Granby sans que je n'aie rien fait pour le mériter. Vive l'insouciance de certains jeunes hantés par les pensées magiques qui les rendent invincibles.


Je vous laisse, je vais me chercher sur youtube!

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Un soir de décembre

Ce n'est pas que j'aie l'habitude de me promener aux petites heures du matin, ce matin-là, je faisais de l'insomnie. J'avais donc décidé d'aller marcher sur la rue principale, qui, par un mardi soir (2 heures du matin c'est le jour ou le soir?) de décembre me semblait désertique, si ce n'était des quelques spectres roulants qui patinaient sur les rues enneigées.


Je marchais d'un pas lent, perdu dans dix milles pensées futiles, essayant de les rendre toutes plus importantes les unes des autres quand j'aperçus quelque chose de peu habituel pour mes yeux à la hauteur du parc Miner. Dans un banc de neige, près de l'abreuvoir  se trouvait une femme  affalé en position de foetus . Elle n'avait pas de manteau et du fait même tremblotait, ce qui me rassura immédiatement. C'était toujours mieux que d'avoir trouvé un corps inerte. Je me penchais près d'elle pour lui parler, mais avant même d'avoir eu le temps de dire quelque chose, elle murmura « Aidez-moi ». Le son de sa voix me donnait des frissons dans le dos. C'était comme si elle provenait de très loin, même si cette femme était tout près de moi.


Cette personne, elle était âgée, tellement que je me demandais si elle n'étais pas centenaire. Son corps était si frêle, que j'avais l'impression que si je tentais de soulever une de ses mains, celle-ci s'évaderait en cendres dans le vent glacial. Pourtant, il était hors de question que je la laisse geler ici, alors je me décidai à la prendre dans mes bars et à la transporter à l'intérieur de ma voiture située dans le stationnement public de la rue Phoenix.  Finalement la vieillarde était plus lourde et robuste que je me l'étais imaginée.

- Où habitez-vous?

- Je n'ai plus nul part, depuis que mon mari est mort hier soir.

Étrangement, j'avais eu l'impression que sa voix se rapprochait à chaque mots qu'elle prononçait.


-Je vous amène chez moi pour la nuit alors.

Elle fit un hochement de tête en signe d'approbation. Je me sentis légèrement mal à aise, parce j'avais eu l'impression qu'elle était centenaire dehors et maintenant, elle paraissait avoir 70 ans dans le pire des cas.


Après une quinzaine de minutes, nous étions chez moi. Je lui proposai un chocolat chaud, qu'elle accepta avec empressement.  Elle se mit à me raconter sa vie, me confessait qu'elle avait eu plusieurs maris. J'avais l'impression qu'elle devait avoir eu un coup sur la tête parce qu'elle me racontait des histoires de différentes époques, dépassant de loin son âge pour aboutir dans les années 1100. Pourtant, pendant qu'elle me parlait, à chaque époque, à chaque amour, il se produisait un changement dans son physique. Les cheveux gris devenait noirs, les plis et les rides du visages disparaissaient.  Ses yeux noirs  hypnotiques scintillaient à la lueur des premiers rayons du soleil. Je fus stupéfait cette scène, mais aussi charmé par ce qui semblait être la magie que l'on retrouve seulement dans les contes pour enfants Elle ne devait pas avoir plus de 23 ans. Une femme magnifique.


Après qu'elle m'ait raconté tous les amours qu'elle avait connus, les âges et les époques qu'elle avait traversées, il y eu un long silence.


Que je finis par briser d'une seule question:

- Puis-je être ta prochaine époque?


 

Posté par Pelkev à 09:41 - nouvelles littéraires de kevin pelletier - Commentaires [0] - Permalien [#]

Je ne sais pas comment faire avec..

Je ne peux pas conduire.  Non, je ne peux pas. Les gens conduisent mal. Il faut toujours être prudent pour deux. Et même si j'attache ma ceinture de sécurité, qu'est ce qui me dit que c'est vraiment sécuritaire? Son nom? Laissez-moi rire. Ben oui ma voiture est en ordre, elle est fiable. Mais qu'est-ce qui me dit qu'une courroie ne pourrait pas lâcher à la hauteur des rails d'un train? Qu'est ce qui me dit que mon garagiste s'y connaît vraiment en voiture? Il a peut-être des faux diplômes qu'il sort à l'occasion pour faire croire à tous qu'il est ce qu'il n'est pas. Change-t-il vraiment les pièces? Achète-t-il des pièces usagées? Personne ne le sait vraiment sauf lui.


Je ne peux pas marcher. Non je ne peux pas. Quelqu'un pourrait m'attaquer en pleine rue.  Pire encore, je pourrais rencontrer quelqu'un que je connais. J'aime pas rencontrer des gens que je connais dans les rues. Ils s'arrêtent, prennent trop de nouvelles, vous parlent trop longtemps. En plus, quelqu'un que vous connaissez pourrait vous voir avec eux. Et là, vous ne voulez surtout pas que les gens qui vous reconnaissaient sachent que vous connaissez ces gens qui vous connaissent. Ça fait des potins. Les potins, c'est malsain. Moi ce qui est malsain, je ne sait pas comment faire avec. Ou encore, un arbre, une voiture, un avion, un ovnis, ou même un crevettier pourrait me tomber sur la gueule. Ça arrive, les choses que l'on ne veut pas voir arriver, et plus vite qu'on le pense. 


C'est décidé, je ne mets pas les pieds dehors aujourd'hui. Ni demain. D'ailleurs, je pense que je ne mettrais plus jamais les pieds dehors. Dehors, c'est trop incertain, trop inconnu, c'est dangereux. Et moi, ce qui est dangereux, je ne suis pas capable vous voyez. Je ne sais pas comment faire avec.


Dernièrement, j'ai mis ma femme dehors.  Elle a eu l'idée saugrenue de peinturer le salon.  Qui sait ce qui aurait peu se produire? Les émanations de la peinture, elles peuvent vous rendre malade.  Et par dessus le marché, elle voulait peindre la pièce blanc coquille. De quoi rendre fou quelqu'un qu'il est déjà. Ça fait une personne 2 fois plus folle qu'un cinglé ordinaire. Comme ma femme était déjà folle une fois, je courais un risque terrible à la laisser peintulurer  le salon.  Alors elle  est maintenant dehors et moi dedans c'est plus sécuritaire! De toute façon, je ne savais pas comment faire avec elle.


Depuis une semaine, je ne prends plus mes pilules. Je suis certain que ce n'était pas bon pour moi, la preuve, je suis plus alerte à ce qui m'entoure. Alors, je ne prends plus de bain non plus. C'est que je pourrais me brûler avec l'eau ou pis encore, le bain pourrait être sur un plancher pourrit et je pourrais me faire mal.


Mais ça, ce n'est pas mon pire souci pour l'instant, de me laver. Depuis une heure, je suis assis dans le salon. À me demander quoi faire. Parce que j'ai la trouille. J'ai peur de prendre une mauvais décision.

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06 mars 2009

Face à claques

C'est comme cela à tous les matins de semaine.  Je me lève, je fais ma routine, un brin de toilette et je pars à pied pour aller travailler. Travailler dans un cubicule minuscule  comme le font 50 autres gars  en même temps. Un job de merde, 8 longues heures sans fenêtre si l'on compte pas celle qui donne sur le Web où je suis harassé par les 10 000 pourriels que m'envoient cette bande d'attardés pré puberts  qui me servent de collègues de travail.


Donc, oui, à chaque matin, je suis de mauvaise humeur et d'humeur encore plus massacrante si je n'ai pas eu de café. Mais cette humeur n'est pas dûe à ce job pourri mais plutôt à cause de lui. Exactement, lui! Ce type que je croise chaque matin, presque tout le temps à la même lumière de l'autre côté de la rue.


Ce n'est pas qu'il paraisse mieux que moi, en fait, il est très petit, très gros (je me demande s'il a déjà vu son pénis dans cette décennie) et c'est le gars qui a sûrement le moins de goût en matière d'habillement que j'ai pu voir en 39 ans de vécu. Le problème c'est que de l'autre côté de la rue, il me dévisage constamment et il sourit tout le temps. Il sourit tout le temps! Ce qu'il peut me faire chier. Je ne sais pas quel type d'emploi il a, mais depuis au moins 2 ans, à chaque rencontres, il me met son putain de sourire figé dans le béton que je ne peux pas blairer en plein gueule.


Justement, ce matin, j'ai pas eu mon café et je suis d'une humeur  castratrice.  J'arrive au feu de circulation et il est encore de l'autre coté entrain de me dévisager.  Là s'en est trop! Le feu de circulation qui est au rouge semble  rester sur cette couleur pendant une éternité. « Tu ne vas pas t'en sortir aussi facilement aujourd'hui mon gros » me dis-je intérieurement.


Lorsque le feu tombe au vert, je marche d'un pas décidé vers lui. Quand j'arrive enfin à sa hauteur, je l'empoigne solidement par la nuque. En regardant ses grands yeux écarquillés de surprise, je jubile d'extase! J'approche mon visage contre le sien et le lui roule une pelle tellement intense qu'elle pourrait donner des cauchemars pendant le reste des ses jours aux homophobes  les plus aguerris . Et je continue ma route. J'étais certain que demain il aurait changé de trajet.


Pourtant, lorsque j'arrive le lendemain, à la même lumière, cette petite boule de graisse infâme m'attend encore de l'autre côté avec son sourire débile. Et merde.. une nouvelle flame dans les yeux et un bouquet de fleur à la main..

Posté par Pelkev à 08:26 - nouvelles littéraires de kevin pelletier - Commentaires [0] - Permalien [#]